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CARNETS CULTURELS

Marius et Fanny de Daniel Auteuil

En juillet dernier (2013), deux films (en version contemporaine) sont sortis aux salles françaises sous la direction de Daniel Auteuil d’après la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol “ "Marius", "Fanny" et "César".

TEXTE4′ DE LECTURE

Par Vicky Papaefthymiou

En juillet dernier (2013), deux films (en versions contemporaines) sont sortis dans les salles françaises, sous la direction de Daniel Auteuil, d’après la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol : “Marius”, “Fanny” et “César”.Il s’agit de “Marius” et “Fanny”, avec Daniel Auteuil dans le rôle de César (père de Marius) et des jeunes interprètes tels que Raphaël Personnaz (Marius) et Victoire Bèlézy (Fanny). Les critiques ont été controversées, comme c’est souvent le cas, surtout en ce qui concerne l’interprétation de ce grand acteur qu’est Daniel Auteuil, en comparaison avec celle d’un monstre sacré du cinéma parlant français des années 30 et 40: Raimu (de qui Orson Welles avait dit à Marcel Pagnol, en apprenant sa mort et en fondant en larmes, qu’« il était le meilleur de nous tous »). Raimu s’est identifié au personnage de César tant au théâtre qu’au cinéma (dans « Marius », réalisé par Alexandre Korda, et dans « Fanny », réalisé par Marc Allegret). D. Auteuil, au talent et aux qualités d’acteur incontestables, n’a pas interprété pour la première fois un personnage créé par Marcel Pagnol. On l’a vu dans les années 80 interpréter avec beaucoup de succès le rôle d’Ugolin dans “Jean de Florette” et “Manon des Sources” de Claude Berri, aux côtés d’Yves MontandGérard Depardieu et Emmanuelle Béart, pour lequel il a remporté le César de la meilleure interprétation masculine. En outre, il y a deux ans, il a réalisé le remake de “La Fille du Puisatier”, l’œuvre de Pagnol, se réservant le rôle du puisatier jadis interprété par Raimu.

Marcel Pagnol, cet immense romancier, dramaturge, metteur en scène et académicien grâce à des œuvres à caractère autobiographique comme “La Gloire de Mon Père” et “Le Château de Ma Mère” a su faire revivre ses souvenirs d’enfance pendant les vacances d’été dans sa chère Provence et grâce à d’autres comme celles déjà mentionnées ci-dessus, toutes adaptées pour le cinéma, il a su mettre en valeur les caractères et les rituels de la vie des classes inférieures du Midi, la beauté des paysages de la région, la musicalité de l’accent méridional, l’éclat de la lumière méditerranéenne. Il a su forger des personnages légendaires comme celui de “ Topaze “ dans une pièce de théâtre adaptée pour le cinéma avec le légendaire Fernandel dans le rôle de l’instituteur honnête et indocile mais naïf, licencié pour avoir refusé de truquer la note d’un protégé du directeur du pensionnat où il travaille qui finit à son tour par succomber à la corruption pour survivre.

Daniel

Daniel Auteuil

Daniel Auteuil aime Marcel Pagnol. Il entreprend de faire revivre des valeurs universelles et intemporelles à travers l’histoire d’amour d’un jeune homme, Marius, et d’une jeune fille, Fanny, qui se connaissent depuis toujours, s’aiment et désirent être heureux, chacun à sa façon. Une histoire d’amour pleine de poésie et de romantisme qui, pourtant, tourne au drame, l’histoire aussi de l’amour paternel, représenté par César, patron du café, le Bar de la Marine, sur le Vieux-Port de Marseille, qui sert de cadre à ces deux films. Auteuil ne cherche pas à faire oublier Raimu ni les acteurs qui ont interprété les rôles principaux dans l’ancienne version des films (Pierre Fresnay et Orane Damazis) ; il veut porter un nouveau regard sur les personnages, se focaliser sur les liens entre eux et mettre en lumière l’essentiel de leur âme.

Une grande partie des tournages a été réalisée à Marseille et dans la campagne provençale, aux portes des Alpes et de la Côte d’Azur, dans le Pays du Mistral. Dans les rôles secondaires, mais tout aussi importants, Jean-Pierre Daroussin et Marie-Anne Chazel. La très belle photographie est due à Jean-François Robini et la musique à Alexandre Desplat.

Il ne reste qu’à attendre la sortie du troisième film de la trilogie : “César”. Dommage qu’on ne puisse pas voir tous ces films dans les salles d’Athènes…